Tout le monde pensait que c'était impossible, vint un idiot qui ne le savait pas et qui le fit.
Jeudi juillet 29th 2010

Les corollaires de la folie sont-il contraire à  ceux de la sagesse ?

Ah! en voilà  une bonne question pour passer d’une vie à  l’autre. D’ailleurs si l’on veut être très précis la question à  cet instant serait plutôt : « Les corollaires de la sagesse sont-il contraire à  ceux de la folie ?» A moins que la relation : « A est le contraire de B » soit une relation d’équivalence. Bien ne nous perdons pas dans les méandres topologiques de la construction grammaticale mais concentrons nous sur la sémantique de cette question. On peut, légitimement, se demander quels sont les corollaires de la sagesse. Citons en vrac la constance, la bienveillance, l’écoute, une certaine forme de patience et de mesure etc… Il est assez difficile d’être exhaustif mais à  vue de nez un sage semble donc être plutôt un être calme, une bonne métaphore serait de l’associer à  un champ de blé en été, vaste par son savoir, productif et utile aux Hommes par sa manière d’enseigner. Les corollaires de la folie quant eux sont plutôt orientés vers l’instabilité, la démesure, l’inconstance, une forme de mégalomanie ou même d’égoïsme…

Un élan
Il apparaît alors presque clairement que ces corollaires sont si ce n’est contraire, tout du moins en opposition. On dit de deux choses qu’elles sont contraires lorsqu’elle présente l’opposition la plus extrême, la plus radicale. Alors ces corollaires sont contraires.

Pourtant et c’est là  que je voulais vous emmener, quoi de plus banal que la transformation de certaines personnes après leur journée de travail ? Quel rapport entre Marjorie la fille du standard pourtant bonne comme la mort et Martine qui passe ces soirées à  tricoter des pulls en laine ? Quel rapport entre Benoit chef de projet chez RFS et Benji qui passe ces week-end défoncé ou ivre (voir les deux) à  fantasmer sur une belge ? Quel rapport entre Léondine comptable sexagénaire à  5 ans de la retraite et Léondine dont le hobby est la chasse aux lièvres mais à  la fronde ? Quel rapport également entre Jean-Claude commercial pour Durex et Jean-Claude, 27 ans, puceau et certainement transsexuel ? Elles et ils sont tous pourtant des professionnels sans reproche, méritant leur salaire, travaillant soigneusement, apprécié par leurs collègues, mais une fois la porte du bureau fermé ils se transforment en cinglé, pas forcément méchant (sauf Léondine qui n’est pas très cool avec les lapins) mais totalement à  la masse. Alors au-delà  de la question sur les corollaires, la question est peut-être plus sur l’effet schizophrénique du travail ; comme si la nature de l’homme n’était pas dans le travail ! D’ailleurs pourquoi endosse-t-on tous les matins ce rôle ? Pourquoi fait-on une si grande différence entre la vie personnelle et la vie professionnelle ? N’est ce pas justement parce qu’elles opposées, contraires ?

Je pose cette question au moment où je vais quitter mon bureau et en me rendant compte que ma vie personnelle ne s’est pas arrêtée pour autant, j’ai frémis, j’ai ri, j’ai pleuré, j’ai hurlé, j’ai couru… Mais sans bruit, sans mouvement, sans froisser mon costume, sans arracher ma cravate, sans baver sur la table… sans vivre.

Pourquoi un élan ? Je ne sais pas j’aime bien…

Bookmark and Share

Reader Feedback

One Response to “Les corollaires de la folie sont-il contraire à  ceux de la sagesse ?”

  1. gicerilla dit :

    Je ne savais pas au début où vous alliez m’emmener. J’avançais en me disant "la vache, c’est chiadé, il est trop intelligent pour moi ce post… j’crois que j’vais rien comprendre !" Parce qu’enfin, chacun ne maitrise pas de la même façon des mots aussi impressionnant que corollaire, sagesse ctc. Et puis enfin, merci, merci, du texte à  mon niveau. Oui j’ai compris ! Et je souris ce matin car je vais bientôt endosser la peau professionnelle de Gicerilla et nombreux sont ceux qui seraient surpris de me voir chez moi… Si j’osais :
    gicerilla.hautetfort.com/…

    Humm…. Dois-je comprendre que cet article est la preuve que je ne suis pas intelligent puisque vous le comprenez ? Dois-je comprendre que j’ai su me mettre à  votre portée en “abaissant” mon intelligence ? Dois-je comprendre que vous pensez ne pas être intelligente ? Dois-je comprendre et me réjouir de vous avoir fait sourir ce matin ?

Leave a Reply